Introduction
Bien qu'une décision de justice de 2008 ait confirmé la citoyenneté bangladaise des locuteurs d'ourdou, cette communauté, qui compte jusqu'à 300 000 personnes, continue de subir des discriminations et peine à obtenir des documents d'identité et des services essentiels. Nombreux sont ceux qui ignorent leurs droits, ne savent pas comment faire une demande de carte d'identité ou sont victimes de discrimination durant cette procédure. Avec la numérisation des services au Bangladesh, notamment les demandes d'actes de naissance, l'accès à ces documents indispensables est devenu encore plus difficile pour les locuteurs d'ourdou et les personnes n'ayant pas accès aux outils numériques ou ne possédant pas les compétences nécessaires.
À ces difficultés s'ajoutent les citoyens de langue ourdou qui vivent encore dans plus de 115 « camps » urbains construits par la Croix-Rouge en 1972. Les conditions y sont difficiles : logements exigus et insalubres, absence de salles de bains privées, assainissement insuffisant, insécurité et violences sexistes.
Depuis plus de dix ans, des assistants juridiques communautaires dans huit villes utilisent l'accompagnement et le plaidoyer juridiques pour aider les personnes de langue ourdou à obtenir des documents d'identité et des services essentiels. Ce travail, mené en partenariat avec le Conseil des minorités, a permis de lever des obstacles importants, de réduire les délais d'obtention des actes de naissance et d'améliorer l'accès aux passeports. Surtout, cet accès facilité aux documents a ouvert des perspectives d'emploi, d'éducation et de logement. Pour en savoir plus sur le programme « Justice et citoyenneté » de Namati, cliquez ici.
Vivant dans un camp à Khulna, Ruma avait besoin d'un acte de naissance pour inscrire sa fille à l'école. Après des mois d'efforts avec un assistant juridique communautaire pour s'y retrouver dans les méandres de l'administration, rassembler les documents et surmonter les intimidations, elle a finalement obtenu l'acte de naissance.
« J’ai reçu le certificat de ma fille et je peux l’inscrire à l’école », a-t-elle déclaré fièrement. Lisez son histoire complète ici.